Histoire

par Hans Braun, préface du livre "La famille de Watteville"

La famille de Watteville peut se pencher sur un passé qui remonte à 650 ans. Elle fait partie des plus anciennes lignées de Berne. Après sa promotion sociale survenue au cours des XIVe et XVe siècles, elle «produit» trois avoyers bernois au XVIe siècle. Deux autres avoyers ainsi que de nombreux autres magistrats suivront aux XVI11e et XIXe siècles. Les de Watteville se sont aussi distingués comme officiers et généraux au service étranger. Ils possédaient - pour ne citer que les principales - les seigneuries de Burgistein, de Belp, de Jegenstorf et de Diessbach ainsi que de grands vignobles sur les rives du Lac de Bienne et du Léman. Outre les deux lignées bernoises dites, respectivement, des «Boulangers» et des «Gentilshommes», on en distingue une troisième, celle de la Franche-Comté. Cette dernière qui est retournée au catholicisme, a servi d'abord le duc de Savoie, puis la Couronne d’Espagne et la monarchie française. Ses représentants ont exercé de hautes fonctions militaires et politiques et disposaient, eux aussi, de nombreuses seigneuries et des domaines. Après la perte de leurs privilèges corporatifs au cours de la première moitié du XIXe siècle, la famille amorce un virage pour s’engager dans la société bourgeoise moderne.

 

Ce livre richement illustré s’emploie d’une part à situer la famille à diverses époques dans son environnement social; d’autre part, à s'interroger sur la manière dont la famille elle-même se perçoit et se situe. Comment ces deux questions sont-elles documentées? D’où peut bien provenir la cohésion des nombreuses branches de la famille depuis le XVIle siècle? Où les zones de tensions intra-familiales peuvent-elle bien se nicher?

Les armoiries

Les membres de la famille de Watteville des Xllle et XlVe siècles utilisaient diverses armoiries, notamment une rose dans un écu triangulaire, mais aussi un lion debout ou, comme Venner Niclaus (1380-1465), un écu divisé horizontalement et dans la moitié supérieure deux chevrons côte à côte.

En 1453, l'empereur Frédéric III publia une lettre d'armoiries à l’adresse de Niclaus, mentionné ci-dessus. Le registre impérial mentionne ce qui suit, en date du 18 octobre : "Item Clasen von Wattenwil einen wapenbrirfe mit namen einen weissen schild, darinne drey rott aufgetan flügel und auf dem Schilde einen heim getziert mit einer weissen und rotten helmdecke, darauf zwo aufgetan flügel auch von warben (=Farben) als in dem Schilde..."

Par la suite la famille de Watteville a modifié les couleurs, adoptant trois ailes blanches sur fond rouge. L'une des plus anciennes représentations des armoiries de famille telles qu’utilisées aujourd'hui est une clé de voûte de la nef latérale nord de la cathédrale de Berne. Il s'agit d'un blason d'alliance de Niclaus et de sa seconde épouse Anna von

Praroman, qui doit avoir été établi autour de 1455. Sur les sceaux du même Niclaus, un cimier avec une figure féminine ailée et couronnée apparaît au-dessus des armoiries.

Il ne peut donc pas s'agir d'une référence à la mère de Jacob Posthumus (né en 1466), Barbara von Erlach, qui devint l'ancêtre de tous les de Watteville ultérieurs.

Plusieurs membres de la famille, cependant, n'avaient qu'une aile d'argent comme ornement de casque. En 1463, Venner Niclaus compléta pour la première fois les armoiries avec la devise : "Sub umbra alarum tuarum protégé nos Domine".